Le geste seul n’existe pas


 

Dans cette séquence, Jean-Paul réalise un mouvement de manipulation de bobine seul.
Et forcément, une question revient souvent dans ce type de situation :

“Quelle est la bonne technique ?”

La réalité est qu’il existe effectivement des façons de faire plus adaptées que d’autres selon les situations.
Certaines techniques permettent de mieux répartir les contraintes, de mieux utiliser les appuis du corps ou de limiter certaines tensions inutiles.

Mais il est essentiel de comprendre une chose :

Une technique ne peut pas être universelle

Le corps humain n’est pas standardisé.

Nous n’avons pas :

  • la même morphologie ;
  • les mêmes amplitudes articulaires ;
  • les mêmes habitudes de mouvement ;
  • la même force ;
  • la même fatigue ;
  • ni le même vécu corporel.

Une technique pertinente pour une personne peut devenir inconfortable, inefficace ou parfois même contraignante pour une autre.

C’est pour cela qu’en prévention, vouloir imposer une méthode unique et rigide à tout le monde n’a pas vraiment de sens.

Le plus important reste souvent :

  • l’adaptation ;
  • la compréhension du corps ;
  • et la capacité à utiliser ses propres possibilités de mouvement.

Le geste a son importance… mais il ne peut pas être isolé du reste

Oui, la technique compte.
Oui, certains gestes sont plus cohérents que d’autres.

Mais un geste pris seul, isolé de tout le reste, ne veut presque rien dire.

Car le corps ne fonctionne jamais mouvement par mouvement, séparément.

Il fonctionne dans une continuité permanente :

  • les mouvements réalisés avant ;
  • les contraintes accumulées dans la journée ;
  • le niveau de fatigue ;
  • le manque de variation ;
  • les tensions répétées ;
  • la respiration ;
  • l’état de stress ;
  • la récupération ;
  • l’environnement de travail ;
  • les habitudes de vie.

Tout cela influence directement la manière dont un geste sera vécu par le corps.

Ce n’est pas uniquement “comment soulever”

On réduit souvent la prévention à :

“comment porter”,
“comment se pencher”,
“comment tirer”.

Mais la vraie question est beaucoup plus large :

Dans quel état est le corps au moment où il réalise ce geste ?

Un corps qui manque de mouvement, qui accumule des tensions depuis des heures ou qui ne récupère jamais correctement sera beaucoup plus vulnérable… même avec une “bonne technique”.

À l’inverse, un corps entretenu par la variété de mouvements, les contre-mouvements et les changements réguliers de position tolérera souvent beaucoup mieux les contraintes du quotidien.

Le contexte donne du sens au geste

Le geste technique a donc sa place.
Il peut être utile, pertinent et sécurisant.

Mais pris isolément, déconnecté du fonctionnement global du corps humain, il perd une grande partie de son sens.

Chez Kiné Santé Prévention, nous défendons une approche plus globale de la prévention :

  • comprendre le corps plutôt que réciter une méthode ;
  • remettre du mouvement varié dans le quotidien ;
  • limiter l’accumulation de tensions ;
  • retrouver des amplitudes ;
  • adapter les stratégies aux individus et aux situations réelles.

Parce qu’au final, ce n’est pas un “geste parfait” qui protège durablement le corps.

C’est surtout la capacité du corps à bouger, varier, s’adapter… et ne pas rester enfermé dans les mêmes contraintes en permanence.